Nuage toxique à Téhéran, menaces sur la chaîne CNN, Jeux Paralympiques boycottés et élections municipales… Chaque semaine, retrouvez la revue de presse du BBBlog. L’essentiel de l’actualité.
Cette semaine, dans le MONDE :
Spécial Guerre au Moyent-Orient
Pedro Sanchez refuse la guerre en Iran, une exception européenne
« On peut s’opposer à un régime odieux, comme la société espagnole dans son ensemble s’oppose au régime iranien, et en même temps s’opposer aussi à une intervention militaire injustifiée, dangereuse et contraire au droit international ». C’est ce qu’a déclaré Pedro Sanchez, premier ministre socialiste d’Espagne, le 1er mars 2026, au lendemain de l’attaque israéloaméricaine contre l’Iran, marquant son opposition frontale à l’offensive. Sanchez a rappelé l’opposition de l’Espagne au régime des mollahs mais martèle que l’attaque n’apportera rien de bon et qu’elle est faite dans le dos de la communauté internationale. Le chef de l’exécutif espagnol se démarque clairement de ses homologues occidentaux : Friedrich Merz, chancelier allemand, a donné son soutien à l’offensive dès le 1er mars et a maintenu sa visite officielle à Washington du 3 mars. A cette occasion, Donald Trump a décrit Merz comme « un ami ». De plus, lorsque le président américain affirme devant lui que l’Espagne a été « infecte », Merz ne dit rien et semble même en rire. Ce jour là, Emmanuel Macron, assis derrière son bureau décoré d’un petit soldat napoléonien, faisait une allocution où il accusait l’Iran d’avoir causé le conflit et où il enclenchait une rhétorique de va-t-en-guerre. Si les pays européens ont affirmé leur soutien à l’Espagne après les menaces économiques de Trump, cela ne change pas le fait que tandis que la France envoi le porte-avions Charles de Gaulles dans les eaux grecques pour un soutien logistique aux américains, Sanchez interdit à ses derniers de se poser sur les bases espagnoles et martèle « La position du gouvernement espagnol se résume en quatre mots : no a la guerra ! ».
Selon les autorités iraniennes, la guerre aurait déjà fait plus de 1 200 morts et 10 000 blessés.
>>> HuffPost, Euractiv, France Inter
••• Le Liban également visé par des missiles israéliens
La milice chiite Hezbollah a tiré des missiles sur Israël en soutien à son allié iranien dans la nuit du 1er au 2 mars. Depuis, le pays du cèdre est plongé une nouvelle fois dans la guerre. Le sud-Beyrouth, où opère le Hezbollah, a été visé par la réplique israélienne. Désormais, Israël ordonne à la population d’évacuer tout le sud du pays, en dessous du fleuve Litani. Au 10 mars, 660 000 personnes étaient déplacées du sud du Liban. Plus grave encore, l’organisation Human Rights Watch accuse l’état hébreu d’utiliser du phosphore blanc, un produit incendiaire dont l’utilisation offensive constitue un crime de guerre. L’ONG affirme que les projectiles aux phosphores ont été utilisées dans une zone résidentielle de Yohmor, dans le sud du Liban. Le Monde
••• Les frappes israéliennes cause un nuage toxique à Téhéran
Scénario surréaliste, mais malheureusement bien réel. Alors que l’Iran est en période de sécheresse, la pluie tombe sur Téhéran. Mais c’est une pluie noire, corrosive, toxique. Depuis qu’Israël a bombardé plusieurs dépôts pétroliers dans la capitale le 7 mars, un épais nuage sombre s’est formé. Les hydrocarbures ont brûlés, relâchant une quantité faramineuse de produits cancérigènes. « Ces composés chimiques vont contaminer les nappes phréatiques et la poussière que les gens respireront. Avant d’en être débarrassés, il faudra beaucoup de temps. » affirme le chercheur Pierre-Courjaut Radé, interrogé par Bon Pote. Si Tsahal se justifie en disant qu’il cherche a affaiblir le Hezbollah, l’ensemble des 9 millions d’habitants de Téhéran est affecté par se désastre humanitaire et écologique.
••• Un navire iranien coulé au large du Sri Lanka par les États-Unis
La frégate iranienne IRIS Dena se trouvait au large du Sri Lanka lorsqu’elle a été coulée par un sous-marin américain le 3 mars. Le navire avait participé à des exercices navals en Inde, d’où sa présence dans l’Océan Indien. Bien que la Convention de Genève l’impose, les américains n’ont pas porté secours aux survivants, ce sont les autorités srilankaises qui s’en sont chargé. 32 personnes ont pu être secourus, les corps des 148 autres équipiers n’ont pas tous été repêchés. Deux jours plus tard, le 5 mars, le Sri Lanka a également fait évacuer et ramener à bon port un deuxième navire iranien, par crainte d’une nouvelle attaque meurtrière américaine. « Nous ne prenons pas parti dans ce conflit, mais tout en maintenant notre neutralité nous agissons pour sauver des vies », a affirmé le président srilankais. Libé, TV5 Monde
Cette semaine, en FRANCE
••• Procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty
Quatre personnes ont été de nouveau jugées pour leur implication dans l’assassinat du professeur d’histoire-géographie en 2020. Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov étaient des proches du tueur, Abdoullakh Anzorov. Ils l’ont aidé à trouver des armes et/ou lui ont servi de chauffeur et avaient été condamnés pour cela à seize ans de prison chacun. La famille Paty est tombé de haut ce 2 mars en apprenant que les peines des deux complices ont été abaissées à six ans pour l’un et sept pour l’autre. La cour à abandonné l’infraction terroriste. Selon elle, les deux suspects n’avaient pas connaissance des intentions terroristes d’Anzorov. La condamnation pour « association de malfaiteur » est maintenue, cependant. Deux autres personnes ont été re-jugées : Abdelhakim Sefrioui et Brahim Chnina, ceux qui avaient lancé une campagne de haine sur Internet contre le professeur. Le caractère terroriste de leur crime a été retenu. Chnina a obtenu une réduction de peine de trois ans, cependant. Sa peine est de dix ans d’emprisonnement, quinze pour Sefrioui. Franceinfo
••• Aluminium Dunkerque bientôt racheté par une société de Bahreïn ?
C’est la plus grande fonderie d’Europe, une importante entreprise française qui emploi 750 personnes dans le nord de la France et qui produit plus de 300 000 tonnes d’aluminium par an. Aluminium Dunkerque est en passe d’être racheté. Depuis 2021 et ses problèmes de dette, la firme est gérée par le fonds américain AIP. Désormais, elle pourrait être rachetée par le géant de la métallurgie Aluminium Bahrain, dit « Alba ». Les deux sociétés sont en négociation exclusive, a-t-on appris le 2 mars. Le dirigeant d’Alba a fait savoir que les 750 emplois n’étaient pas en danger. De quoi rassurer le Ministère de l’Économie qui surveille de près la situation de ce « fleuron » français. Le Figaro
••• Une candidate LFI menacée au couteau à Strasbourg
La travailleuse sociale de 44 ans est dixième sur la liste insoumise pour la mairie de Strasbourg. Jamila Haddoum a été agressée vendredi 6 mars au soir lors d’une séance de collage en présence de ses enfants de 15 et 16 ans. L’homme de 57 ans aurait sorti son couteau à la vue de l’affiche LFI et aurait dit à Mme. Haddoum « t’afficheras pas ça ici », « je te tranche la gorge ». La scène a été filmée et postée sur les réseaux sociaux par la candidate insoumise. L’homme a été appréhendé et il sera jugé le 31 mars. Le parquet réclame une interdiction de se rendre à la permanence LFI ou dans un lieu vendant de l’alcool, ainsi qu’une interdiction de détention d’arme. Le Figaro
Cette semaine, dans les MÉDIAS
••• La chaîne CNN en péril après son rachat par Paramount
La pionnière des chaînes d’information en continu, l’américaine CNN (Cable News Network), appartient aux studios Warner Bros. Ces derniers ont été rachetés en février par Paramount Skydance dans une féroce négociation face à Netflix. CNN est donc désormais sous le giron de la Paramount, comme CBS avant elle. Et justement, la famille Ellison, à la tête de Paramount, proche de Donald Trump, a mis au pas CBS, plaçant la conservatrice Bari Weiss à sa tête et faisant au passage chuté les audiences. Plusieurs journalistes ont fait part de leurs inquiétudes, CNN risque de voir son intégrité éditoriale affectée par ce rachat. Donald Trump a fait régulièrement part, depuis son investiture, de son opposition à la chaîne, lui imposant l’étiquette « you are fake news !« .
Dans l’Amérique de Trump, la liberté de la presse est de plus en plus menacée. Ces inquiétudes autour de CNN surviennent après la mise au pas de CBS, donc, mais aussi la crise au Washington Post qui a abouti à des départs massifs de journalistes, ainsi que des menaces de Trump de s’en prendre au Wall Street Journal et au New York Times. La cerise sur le gâteau : l’homme à la tête de l’ « Arcom américain », la FCC, s’appelle Brandon Carr et est, lui aussi, un proche du camp MAGA. Lui aussi estime que les médias doivent être « mis au pas ». Le Monde, France Inter
••• Un consortium d’universitaires dépose un recours au Conseil d’Etat contre Europe 1 et CNews
Le recours a été déposé conjointement le mercredi 4 mars par cinquante-sept professeurs de droit et juristes. Ils appellent le Conseil d’Etat, plus haute juridiction administrative française, à se saisir de l’Arcom concernant le non-respect du pluralisme politique sur les canaux de Vincent Bolloré. Pour étayer leur propos, ils ont scruté pendant une semaine les deux médias et concluent qu’une seule couleur politique y est représentée (sans que cela ne soit mentionné, on sait qu’il s’agit de l’extrême-droite, constamment mise en avant par les médias Bolloré). Selon eux, les émissions comme « L’heure des pros » ou la nouvelle « 100% Frontières » font preuve d’un « caractère manifestement monochrome ». Puisque l’Arcom ne peut se saisir elle-même, il faut que ce soit une personne ou instance extérieur qui l’alerte sur des dérives. D’où cette initiative, peu avant les élections municipales, considérée par certains comme une « grande répétition » des présidentielles. Libération
Cette semaine, en NOUVELLE-AQUITAINE
Qui se présente aux municipales à Bordeaux ?
La mairie bordelaise va-t-elle restée verte ? Les élections municipales représentent un enjeu important : si c’est une échéance moins tape-à-l’œil que les présidentielles, les choix des maires ont une incidence directe sur nos vies. À Bordeaux, le maire écologiste sortant, Pierre Hurmic, va tenter de garder son siège. Il a fait partie de la « vague verte » d’il y a six ans, quand plusieurs mairies étaient devenues écologistes. Le dernier sondage de Politico donne 31% à Hurmic et 26% à son challenger, Thomas Cazenave, ex-Ministre macroniste. En troisième, on retrouve l’économiste centriste Philippe Dessertine avec 17%. Le carré est fermé par la liste insoumise de Nordine Raymond (11,5%). Parmi les autres listes, Rouge Bordeaux Anticapitaliste, la liste de Philippe Poutou, plusieurs listes d’extrême gauche (Révolution Permanente, Lutte Ouvrière…) et deux d’extrême droite avec une liste RN et une liste Reconquête. Si Pierre Hurmic ne semble pas vouloir créer une alliance avec l’insoumis Nordine Raymond, Thomas Cazenave tente ostensiblement de draguer le ralliement de Dessertine. La capitale de la Nouvelle-Aquitaine pourrait donc retourner sur un règne centriste, comme ce fut le cas pendant plusieurs dizaines d’années avant Hurmic via une alliance de circonstance. Le scrutin peut réserver des surprises.
>>> Sud-Ouest, Politico
Cette semaine, dans le SPORT
La cérémonie d’ouverture des Paralympiques dans la tourmente du boycott
La compétition olympique pour personnes handicapées n’est pas épargnée d’un classique petit scandale politique. En effet, tandis qu’aux JO les russes et bélarusses avaient du concourir sous bannière neutre, comme toujours depuis l’invasion de l’Ukraine, cette fois-ci ils retrouvent leur droit de concourir sous leurs couleurs. Une décision « décevante et scandaleuse » selon le ministre ukrainien des Sports Matvii Bidny. L’Ukraine a donc décidé de boycotter la cérémonie d’ouverture en interdisant l’utilisation de son drapeau et en n’y envoyant pas d’athlète. Aucun représentant politique ukrainien ne se rendra aux événements officiels. Cinq pays lui ont emboité le pas : la Pologne, l’Estonie, la Lettonie, la République Tchèque et la Finlande. La France a également décidé de n’envoyer aucun représentant politique à la cérémonie d’ouverture pour cette raison.
D’autres délégations d’athlètes, dont celle de la France, n’ont pas fait le déplacement jusqu’aux arènes de Vérone où se déroule la cérémonie, le 6 mars, mais pas pour des raisons géopolitiques mais pour une raison purement technique : Vérone se trouve à plusieurs heures de route des lieux de compétition. Faire six heures de route aller-retour pour défiler à Vérone, se coucher à une heure du matin et concourir le lendemain. Mauvaise idée, ont jugé plusieurs délégations. Des solutions de secours ont été mobilisées pour sauver les meubles : réduction du nombre de personnes qui défilent, bénévoles défilant à la place d’athlètes absents, vidéo pré-enregistrées pour présenter les délégations… Milan-Cortina n’a pas fini de nous surprendre. En bien, ou en mal.
>>> France info (1), (2)
Mateo Blanco
Toutes les photos utilisées sur cette page appartiennent à leurs auteurs. Le BBBlog est un projet non-lucratif et non-public. Photo de Pierre Hurmic : Laurent Theiller / Sud-Ouest.

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